Grand A le mag - 1 : Décembre 2017

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Anne-Marie-Mar-copie.jpg Anne-Marie Maür

Entretien avec Anne‑Marie Maür, directrice d’études à l’Agence d’urbanisme

Mon territoire c’est restreint, c’est chez moi, ma rue, le chemin pour aller à l’école, pour aller au travail, c’est ce qui me préoccupe tous les jours. C’est là où je trouve le plus de solidarité, entre les voisins, les collègues. Je suis très intimiste dans ma conception du territoire.

Sally Brown,
Enseignante, Grenoble

Pour moi toutes les villes avoisinantes font partie de Grenoble. Tout ce qui est 38 c’est Grenoble, et ce qu’on a en commun c’est l’emploi, les gens de Saint-Marcelin viennent travailler sur Grenoble et vice versa.

Kaïss El Kadri,
Échafaudeur, Échirolles

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Le territoire : un espace délimité, habité, organisé

C’est l’association de ces trois notions qui fait du territoire un objet si couramment évoqué dans le langage de l’urbaniste et du politique, beaucoup moins de celui de l’habitant.

Dans la pratique de l’urbanisme, le terme générique de territoire, si fréquemment utilisé dans les présentations et publications, renvoie simultanément à plusieurs notions :


Il s’agit tout d’abord,d’un espace physique identifié, qui peut être caractérisé par des spécificités géographiques (un territoire alpin, rural, périurbain, insulaire…), ou par des formes de gouvernance propres, qui lui confèrent un degré d’autonomie dans l’exercice d’un pouvoir (le territoire national, régional, communal, pluri-communal…). Dans les deux cas, l’espace est circonscrit. Ses limites peuvent être administratives ou physiques, précises ou floues, mais elles permettent de distinguer cet espace de ses voisins par des spécificités qui lui sont propres.


Il s’agit également d’un espace habité et revendiqué en tant que tel, accueillant une communauté humaine qui partage dans la durée, des lieux de vie, des ressources, des activités et des projets, et qui revendique son « ancrage territorial » à travers l’affirmation de références identitaires ou l’expression d’intérêts communs. Le territoire est indissociable de la société qui l’habite : des populations et des activités l’ont façonné au cours de l’histoire, des événements et des personnages célèbres ont participé à son rayonnement, un patrimoine a été légué par les générations passées.


Il s’agit enfin, d’un espace organisé et administré, au sein duquel s’exercent des formes de pouvoir, de gouvernance et de représentation, qui contribuent à définir des règles de vie collective, des politiques, des coopérations et des projets. Un territoire existe à travers sa capacité à mobiliser ses ressources, à protéger ses espaces, à organiser un développement durable et à fédérer des énergies multiples. Dans un contexte de mondialisation et de métropolisation, un territoire se construit et se développe aussi, à travers sa capacité à dialoguer et à coopérer avec d’autres, proches ou lointains.


C’est l’association de ces trois notions qui fait du territoire un objet si courant du langage de l’urbaniste et du politique, beaucoup moins de celui de l’habitant. Pour l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise, si le territoire est un terme pratique, il est tout sauf générique. Il trouve toujours à se spécifier en fonction de contextes très variés, avec l’avantage de lier étroitement les aspects physiques, sociaux et organisationnels qui sont au cœur de nos activités, de nos analyses et de nos préoccupations.


Par Anne-Marie Maür, directrice d’études à l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise, décembre 2017


Entretien avec Anne‑Marie Maür Parole d'habitant Le territoire et ses habitants en images Parole d'habitant

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