Grand A le mag - 3 : Décembre 2018

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Photo-Amelie-Blachot.jpg Amélie Blachot

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Soutenance de thèse d’Amélie Blanchot à l’ENSP Versailles (sous la forme d’un parcours pictural et artistique sur près de 400 m2)

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Résilience en résonance

À mes yeux d’architecte paysagiste, la question de la résilience semble pouvoir se rapprocher de celle du rapport entre les concepteurs (paysagistes, architectes, urbanistes…) et le territoire sur lequel les projets s’inscrivent. Cette manière d’aborder la résilience comme un « tutoiement avec le site », une entrée en résonnance avec le territoire, m’incite à la mettre en écho avec une étape qui me semble primordiale : l’étude des éléments fondamentaux de paysage naturels et anthropiques d’un territoire, avant-même de concevoir tout projet en son sein.

Savoir lire le site dans lequel vient s’inscrire un projet

La connaissance et la « conscience » de ces éléments, en amont du processus du projet, permet, entre autres, d’évaluer les risques d’un territoire spécifique et par conséquent, soit de tenter de les éloigner, soit de « faire avec le site ».


Le premier cas, celui du choix de contrer les risques, peut s’illustrer dans le bassin grenoblois, par l’histoire de l’Homme qui s’est mesuré, durant près de mille années, aux éléments torrentiels et telluriques de la ville, dessinant par là-même, la forme et les tracés de l’agglomération. Ici, l’Homme a dompté le Dragon (le Drac, qui à l’origine arrivait en forme de tresse sur la ville), canalisé l’Isère et détourné la confluence des deux rivières, cause et lieu de débordements impromptus et récurrents, garantissant ainsi l’extension et l’expansion de Grenoble et de ses alentours. Il a érigé une digue de 8 kilomètres de long, l’actuel Cours de la Libération, axe qui deviendra le « cardo » tant formel qu’économique, de la ville.


Le deuxième cas, « faire avec le site », ou construire là où les risques ne sont pas présents, peut se lire dans des projets plus contemporains, à une époque où l’on ne peut plus concevoir un projet de manière aussi radicale qu’aux 17e et 18e s.


Un projet résilient, quels que soient les « états » qui en résultent, inclut indéniablement dans sa définition l’état des lieux du territoire étudié.

Cet état des lieux de la ville et du territoire de Grenoble, et sa retranscription artistique et singulière, ont fait l’objet de l’étude menée en 2011 dans le cadre de mon diplôme de fin d’études, à l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. La représentation de manière plastique, comme l’illustrent les images jointes, offre la possibilité, en décalant le regard, d’apposer un regard nouveau sur le territoire qui nous entoure. Je me sers de techniques, formes et couleurs différentes suivant le territoire étudié, qui révèlent davantage les spécificités intrinsèques du territoire. Enfin, l’utilisation de procédés comme la série, l’abstraction et la recherche de représentation de la « cartographie évolutive », à l’instar du Drac (photo), permet d’isoler les éléments fondamentaux du paysage et de les rendre plus lisibles.


Ma recherche sur les éléments fondamentaux de paysage de la ville et du territoire de Grenoble, m’ont amenée à constater que seuls les projets pensés en adéquation avec la force du territoire sont restés engravés dans la ville. Ils témoignent de la nécessité impérative de lire et prendre en compte les éléments fondamentaux de paysage, naturels et anthropiques, de tout territoire, avant d’y concevoir un projet, qu’il soit architectural, urbain ou paysager.


Poser la question de la résilience est à mon sens une autre manière d’interroger le site et indéniablement, de tenir compte de son histoire et de son « essence ». C’est essentiel devant la prégnance des risques dans le bassin grenoblois, et pour éviter de créer des projets « décontextualisés ».


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